Des sourires d’enfant

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Je ne comprends toujours pas.

J’ai vu aujourd’hui cette sorte de miracle auquel on croit même pas. Des gamins lourdement handicapés, métamorphosés à l’approche des chevaux. Trois fois rien… des pierres, de l’herbe, de la paille, une vieille ferme, du sable et de la terre, des poils, des crinières au vent, une poignée de foin, des brosses poussiéreuses. Le désir de partir à dos de cheval, le souvenir des mots et gestes techniques pour quelques uns, vaincre la peur face à la grandeur de l’animal pour les autres. Voir, sentir, toucher, vivre, loin du monde bruyant, loin des soins et des inquiétudes. Et voilà, le regard pétillant remplace les troubles du comportement, les mains ne tremblent plus. Le sourire, ils l’avaient encore tard ans l’après-midi. Rêver.  » C’est magique », aurait dit mon fils s’il était là. Derrière mon appareil photo, je me demandais qui cherchait plus les câlins, la douceur, le grand Teaké d’Alain Saintot, qui les a séduit en frappant des pieds à la porte de son box à notre approche, ou ces enfants ravis d’être là, libres, enfin libres.

Finalement, ils n’ont pas besoin de grand chose pour être mieux. Et on continue de les gaver de médicaments et on leur refuse les rêves… Longue discussion sur ce thème avec Vincent ce soir. Je suis au moins contente, pour une fois, de moi-même. Je n’ai toujours pas réussi à regarder le monde avec leurs yeux innocents. Mais j’ai partagé le même rêve, me laisser bercer par le pas d’un cheval…

Commentaires:

2 Réponses à “Des sourires d’enfant”

  1. virya
    virya écrit:

    J’ai vu un jour un cours d’équitation collectif avec des débutants… les chevaux s’en donnaient à coeur joie pour rendre « chèvres » leurs apprentis cavaliers, c’était très drôle, aucun n’obéïssait.

    L’heure suivante : mêmes chevaux, mais enfants handicapés. On me croira ou pas, les chevaux se sont immédiatement calmés et ont été doux sans plus faire aucune bêtise, c’était vraiment étonnant…

    Si les chevaux te manquent, il n’y a pas que les manèges, il y a aussi tous ces refuges pour équidés sauvés des abattoirs… ils ont toujours besoin de visites, de câlins… même s’ils ne sont plus montés…

    Ce sont des rencontres magiques… perso, pour la suite de ma vie, je prépare une maison, deux ou trois box, un peu de pâture et au moins deux chevaux que j’irai moi-même sauver des abattoirs en les rachetant !

    Accrochons-nous à nos rêves…

    Dernière publication sur Les vaches à hublot. : Déménagement !

  2. teodorafr
    teodorafr écrit:

    Merci tout plein pour ce témoignage!

    En fait, depuis, j’y vais tous les jeudis avec ces enfants dans la même ferme équestre (que je connais bien d’ailleurs, pour avoir monté en famille, sourire), mon activité éducative se déroule à merveille. Le miracle se répète à chaque fois, on avance, on recule, c’est du pur bonheur, autant pour eux que pour moi.

    Les manèges, je n’en rêve pas trop. La décision de ne plus m’inscrire aux cours cette année (bien que j’apprécie la ferme où je vais) m’appartient. Je ne veux plus simplement monter à heure fixe, je veux plus que ça. Alors j’essaierais de me payer des cours particuliers dès que j’aurai les moyens. Jusque là, je m’intoxique de Bartabas et Garcin, de contes merveilleux et de poésie, de photos et de souvenirs doux, je rends visite à un vieux poney et des chevaux qui ne m’appartiennent pas (mais que le propriétaire nous a proposé pour notre fils)et je rêve. Je rêve de la terre, de l’air, des sabots pleins de boue, d’un poulain que mon compagnon saurait prendre en charge, d’un cheval qui puisse m’apprendre à l’écouter.

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